Samedi 24 juillet, 8 heures 31, je monte dans mon TGV. Je prends la direction d’Abbeville, via Paris, pour
rejoindre les Joyeux Mirauds
(question : mais où me suis-je
inscrit ?) Point de rendez-vous Gare du Nord. Fébrile je descends, n’ai-je
pas un remord ? J’ai l’air d’être le premier, lorsque tour à tour arrivent
les autres sujets. Des bonjours furtifs, je me dis "aie aie aie, ça vient
à peine de commencer". Désordre, bousculades, tout ça pour nous engouffrer
dans le train corail, pas de climatisation c’est l’enfer. Blotti à ma place je
n’ai pas le temps de m’assoupir.
C’est le terminus du voyage, j’ai déjà changé d’air. C’est dans la cour de la gare que nous nous sommes regroupés, enfin je dirais plutôt parqués. Le temps me paraît long et je réalise que les discussions s’enchaînent, se déchaînent pour trouver sacs et valises. Enfin, on met un pied devant l’autre. A mon bras, Sabine, mon seul repère. Il y a déjà elle, tout ça pour trouver ce fameux hôtel.
Je n’avais pas perdu le moral, de la clé qu’on m’a donné, enfin on s’installe. Je suis dans la chambre 17, je prends connaissance de mes camarades, j’essaie de retenir leurs noms dans ma tête. Je suis là pour trois semaines de vie commune, eux pour une, pour deux, pour trois, comment cela va se passer ? Je me familiarise avec les lieux, les voix. Je n’arrête pas de dire à tour de bras : "Bonjour je suis Abdallah !!!"
Puis Sabine prend les rênes, tout s’accélère. Je me dis : tous dans le même bateau, vogue la galère. Jour après jour j’apprends, me rassure, attend, l’échange se fait. Prendre la richesse de l’un, faire des concessions pour l’autre. Tout m’intéresse.
Je me couche tard, me lève tôt. Dans mon sommeil je prends du retard mais les jours sont trop beaux, je ne veux rien perdre de ce séjour pourtant ma fatigue est là et mes cernes m’entourent. Certaines activités où je dois me mettre en avant dans une compétitivité, je ne suis pas souvent à la hauteur, car, de mes défaites jaillit mon vrai caractère de râleur.
J’ai l’air de vivre dans une micro-société où naissent certaines amitiés, certaines animosités mais je m’en fous, sincères sont mes sentiments, je crois que c’est la vie tout simplement. Je pense que la force d’un camp est son osmose. C’est l’assemblage des êtres qui la composent. De Marc à Bossaron, de la Cafetière à Genson j’essaie de trouver ma place.
Dans ce qui est de l’organisation, j’ai appris qu’il y avait des voyants, et nous la basse vision. Je flâne entre ces deux mondes et je tiens la main à tout le monde. Je vous passe les détails croustillants et idiots où lorsqu’on redevient enfant avec les batailles d’eau. Il y a des sourires, même des fous-rires, des délires qui n’arrêtent pas de nous envahir. Il y a des larmes à cause des discussions qui s’enflamment. Pardon monsieur, excusez-moi madame. C’est ce qui fait du camp de Sabine tout son charme.
A vous autres qui m’avez accompagné, ces quelques mots vous paraîtront dérisoires. Tant pis c’était les miens. Si vous ne m’avez pas compris, ça ne fait rien. D’aujourd’hui on est passé au lendemain, vous tracez sur votre chemin avec amitié, sincérité, je vous salue et je vous dis au camp prochain.
ABDALLAH
Fait à : Fontenay-aux-Roses le lundi 23 août 2004
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